
L'annonce de sa mort ce matin !
Aux inévitables concerts de louanges, dus aux disparus, rajouter seulement ces deux réflexions :
- Il passe, et le disait lui-même, pour un homme libre, pouvant de ce fait dire ce qu'il pensait sans compromis. Est-ce à dire que la parole des autres est serve de ceci seulement qu'ils fussent engagés?
- il se sera toujours voulu au delà du politique, comme si ce dernier était chose sale, voulant par ce fait renvoyer plutôt la double image paradoxale à la fois du théoricien et du simple technicien!
Je me souviens de ce Joffre de l'économie, capable de renvoyer son contradicteur dans les cordes par un méprisant "vous n'y connaissez rien , vous n'êtes pas économiste ! "
Ce qui m'a toujours posé problème : si l'on ne fait pas de politique en étant premier ministre, qui peut en faire alors! Cette défiance à l'égard du politique est suspecte. Il est facile de célébrer le grand commis de l'Etat, sans doute le fut-il, sans doute d'ailleurs est-il vain de vouloir lui dénier à la fois le sens de l'Etat, et le souci de la Nation, mais la posture implique la dépolitisation de l'action, comme si les choix de gestion étaient déconnectés de tout choix idéologique, théorique! ou pire encore que la politique fût un moment dépassé de notre histoire.
Avant la lettre, il préfigure la démarche de l'actuel hôte de l'Elysée: faire flèche de tout bois, rassembler au delà de toute mesure, faire comme si la démarche n'était dictée que par le bon sens!
En son temps Heidegger avait assez brillamment réglé la question à propos de la XIe thèse sur Feuerbach de Marx :
Avant la lettre, il préfigure la démarche de l'actuel hôte de l'Elysée: faire flèche de tout bois, rassembler au delà de toute mesure, faire comme si la démarche n'était dictée que par le bon sens!
En son temps Heidegger avait assez brillamment réglé la question à propos de la XIe thèse sur Feuerbach de Marx :
Toute action suppose nécessairement une représentation idéologique, théorique. Même limitée. Vouer ainsi le politique aux gémonies, c'est implicitement vanter le pragmatisme, en réalité l'opportunisme. C'est vraisemblablement aussi succomber aux délices inavouables du cynisme politique. Evacuée la question sociale, évacuée aussi celle de la république, au profit des seules contraintes d'une économie qui se conjugue vite aux canons du libéralisme idéologique.
Dans ces suaves périodes de confusion idéologique, où la gauche ne sait plus où elle en est, mais plus gravement, ignore surtout où elle est, le pouvoir semble devenir une fin en soi. Et la trahison commence ici !
On trouvera ici (http://regards.pierre-michel.fr/gauche/preambule.htm) quelques réflexions sur cette gauche éperdue: il valait la peine de marquer en première ligne les paramètres de la lutte idéologique à mener. Restaurer la pensée, la valeur de la pensée et ne pas craindre à chaque recoin conceptuel, les risques totalitaires.
A lire un Julliard, récusant des pans entiers de la Révolution, on se prend à rêver!
A cauchemarder !
Jaurès, réveille-toi ! Ils sont en train de trahir !
Elle est ici, la victoire posthume de Barre !
La dépolitisation toujours se conjugue avec le conservatisme. Que n'a-t-on lu au moment de l'effondrement du bloc soviétique, qu'il n'y avait pas d'alternative au capitalisme rapidement rebaptisé en société industrielle?
N'imaginer même plus d'alternative possible, c'est renoncer, et le renoncement n'est pas politique!Récuser l'alternative, c'est se condamner évidemment au réformisme, mais de la pire sorte qui soit: honteux !
Il suffit de lire Royal, Strauss-Kahn et les autres pour le comprendre, le deviner en tout cas !A lire un Julliard, récusant des pans entiers de la Révolution, on se prend à rêver!
A cauchemarder !
Jaurès, réveille-toi ! Ils sont en train de trahir !
Elle est ici, la victoire posthume de Barre !