02 septembre 2007


Tel le monarque touchant les écrouelles, Nicolas Sarkozy donne espoir, à défaut de guérison, aux nombreuses personnes qui confient leurs souffrances. «Ça va s’arranger», dit-il à la jeune femme en larme qui, tremblante d’émotion, demande de l’aide pour ses parents handicapés. Un jeune ex-pompier souffrant de sclérose en plaques est invité à écrire à l’Elysée.
Alain Auffray, Libération 1 Sept 2007
C'est bien ainsi qu'il parait à tous. Derrière cette hyper-activité que tout le monde repère, il y a effectivement quelque chose de l'ordre du deus ex machina. Les chroniqueurs retrouvent sans y prendre garde les chemins de la métaphysique: de l'omniscience à l'omnipotence en passant par l'omniprésence (qui n'est pas tout à fait la même chose que l'ubiquité). Cet homme est une flexion de l'omni et l'on peine à ne pas se demander combien de temps il pourra ainsi tenir.
A son sujet, j'hésite, je l'avoue, entre la niaiserie naïve de l'inculture et la mégalomanie : comment cet homme pourrait-il ne pas savoir que l'histoire est tragique et que la chute dans l'ordinaire sera d'autant plus douloureuse que les rêves des hautes cîmes fut tenace ? comment peut-il se méprendre à ce point sur la nature et l'exercice du pouvoir?
Je n'ignore pas la dose de mégalomanie nécessaire à l'ambition de vouloir changer le monde, mégalomanie qui n'est pas nécessairement pathologique. Je n'ignore pas que la volonté et l'insoumission au réel définissent l'essence même de tout projet politique
Il y a, néanmoins, dans cette propension à se mettre devant, à vouloir tout faire lui-même quelque chose d'une solitude pathétique. D'aucuns y décèlent un désir frénétique d'être aimé, quelque chose comme une revanche d'un vieux complexe enfoui...
J'ai peine à me résoudre à ces interprétations psychologisantes.
Je sais juste que lorsque les dieux descendent sur terre, leur histoire finit mal !
Quelle sera sa croix ?

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